Paddle contre Parkinson

La maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente après la maladie d’Alzheimer. En France, elle touche environ 200 000 personnes et chaque année, près de 25 000 nouveaux cas sont diagnostiqués. Face à cette pathologie chronique, évolutive et incurable, les traitements médicamenteux et les thérapies non médicamenteuses jouent un rôle complémentaire essentiel. Parmi ces approches, l’activité physique adaptée occupe une place de plus en plus reconnue par la communauté scientifique et médicale.

C’est dans ce contexte qu’est née l’Association Paddle contre Parkinson, une initiative citoyenne et sportive qui utilise le stand-up paddle (SUP) et d’autres activités physiques comme levier de sensibilisation, d’empowerment des patients et de financement de la recherche. Fondée par Christophe Mathevet, lui-même atteint de la maladie, cette association illustre parfaitement comment l’engagement personnel peut se transformer en action collective au service de tous les parkinsoniens.

La maladie de Parkinson : un défi médical et humain majeur

La maladie de Parkinson est caractérisée par la dégénérescence progressive des neurones dopaminergiques de la substance noire du cerveau. Cette perte de dopamine entraîne des symptômes moteurs classiques : tremblements au repos, rigidité, akinésie (lenteur des mouvements) et troubles de la posture et de l’équilibre. Mais la maladie ne se limite pas aux symptômes moteurs. Elle provoque également des troubles non moteurs souvent très invalidants : fatigue, troubles du sommeil, constipation, troubles cognitifs, dépression et anxiété.

Le diagnostic survient en moyenne vers 60-65 ans, mais de plus en plus de cas sont diagnostiqués chez des personnes plus jeunes (formes précoces). L’espérance de vie des patients est proche de la normale grâce aux traitements, mais la qualité de vie peut être fortement altérée par la progression de la maladie et les complications.

Les traitements actuels (lévodopa, agonistes dopaminergiques, inhibiteurs de la MAO-B, etc.) permettent de contrôler efficacement les symptômes pendant plusieurs années, mais ils ne stoppent pas la progression de la maladie. C’est pourquoi les approches non médicamenteuses, et notamment l’activité physique, sont devenues un pilier essentiel de la prise en charge.

L’activité physique : un traitement non médicamenteux validé scientifiquement

De nombreuses études ont démontré les bénéfices de l’activité physique régulière chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson. L’exercice physique agit sur plusieurs plans :

  • Amélioration des symptômes moteurs : la pratique régulière d’une activité physique permet de réduire la rigidité, d’améliorer la vitesse de marche, l’équilibre et la coordination.
  • Effet neuroprotecteur potentiel : certaines études suggèrent que l’exercice pourrait ralentir la progression de la maladie en favorisant la neuroplasticité et en augmentant les facteurs de croissance neuronaux (BDNF).
  • Amélioration de la qualité de vie : l’activité physique réduit la fatigue, améliore l’humeur, diminue l’anxiété et la dépression, et renforce le sentiment d’autonomie.
  • Prévention des complications : elle contribue à maintenir la masse musculaire, à prévenir les chutes et à améliorer les fonctions cognitives.

Les recommandations internationales (notamment celles de l’European Parkinson’s Disease Association et de la HAS en France) préconisent désormais une activité physique régulière, adaptée et supervisée, comme partie intégrante du traitement de la maladie de Parkinson.

Création et histoire de l’Association Paddle contre Parkinson

L’Association Paddle contre Parkinson a été officiellement déclarée en 2021 (annonce au Journal Officiel en juin 2021). Elle a été fondée par Christophe Mathevet, un athlète passionné de sports de glisse (notamment le stand-up paddle) diagnostiqué à l’âge de 51 ans.

Confronté à la maladie, Christophe Mathevet a refusé de se laisser définir par son diagnostic. Il a continué à pratiquer intensivement le paddle et a rapidement constaté les bénéfices physiques et psychologiques de cette activité. Plutôt que de vivre la maladie de manière isolée, il a décidé de transformer son expérience personnelle en action collective.

Avec quelques amis partageant la même passion pour le paddle et le sport, il crée l’association avec trois objectifs principaux :

  • Sensibiliser le grand public à la maladie de Parkinson ;
  • Inciter les personnes atteintes à pratiquer une activité physique adaptée ;
  • Collecter des fonds pour soutenir la recherche contre la maladie.

Depuis sa création, l’association a su mobiliser la communauté du stand-up paddle et des sports de pleine nature autour de ces causes. Christophe Mathevet en est le président fondateur et reste la figure emblématique du projet.

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Les missions de l’Association Paddle contre Parkinson

L’association poursuit plusieurs missions complémentaires et cohérentes :

1. Sensibilisation et déstigmatisation

À travers ses événements sportifs et sa communication, l’association contribue à changer le regard sur la maladie de Parkinson. Elle montre que les personnes atteintes peuvent continuer à pratiquer des activités physiques exigeantes et à mener une vie active et épanouie.

2. Promotion de l’activité physique adaptée

L’association milite activement pour que l’activité physique soit reconnue comme un véritable traitement non médicamenteux. Elle a notamment lancé une pétition nationale pour le développement de l’activité physique adaptée dans la prise en charge de la maladie de Parkinson.

3. Financement de la recherche

100 % des dons collectés sont reversés à la recherche. L’association soutient notamment les travaux du Professeur David Devos au CHU de Lille, qui mène des études cliniques innovantes sur la maladie de Parkinson (notamment le projet DIVE).

Les événements phares de l’association

L’Association Paddle contre Parkinson organise régulièrement des événements sportifs solidaires qui allient performance, convivialité et collecte de fonds :

  • Parkithlon : un défi multi-sport (paddle, course, etc.) qui symbolise la lutte contre la maladie ;
  • Rame’n’Run (ou Rame’n’Run’n’Rock) : courses de paddle et de course à pied, souvent associées à des concerts et des moments de convivialité (notamment à Pont-l’Évêque) ;
  • Gla Gla Race et autres courses de paddle en eau froide ;
  • Participation et organisation d’événements sur des plans d’eau emblématiques (Lac d’Annecy, Amiens, Vassivière, etc.).

Ces événements permettent non seulement de collecter des fonds, mais aussi de créer des moments de rencontre entre personnes atteintes, familles, soignants et sportifs solidaires. Ils incarnent parfaitement la philosophie de l’association : « Quand je fais du sport, j’oublie la maladie » (Christophe Mathevet).

Impact et résultats concrets

En quelques années seulement, l’Association Paddle contre Parkinson a obtenu des résultats remarquables :

  • Plus de 27 730 euros reversés à la recherche en trois ans ;
  • Organisation régulière d’événements sportifs de qualité qui attirent de plus en plus de participants ;
  • Visibilité importante dans le monde du paddle et des sports de pleine nature ;
  • Création d’une communauté active et solidaire autour de la maladie ;
  • Contribution à la diffusion du message selon lequel l’activité physique est un allié majeur dans la gestion de la maladie de Parkinson.

Le rôle des associations de patients dans la lutte contre la maladie de Parkinson

En France, plusieurs associations œuvrent aux côtés des patients et de leurs familles. L’Association France Parkinson reste l’acteur historique et le plus important au niveau national. Des initiatives comme Paddle contre Parkinson viennent compléter ce paysage en apportant une approche originale, sportive et très incarnée.

Ces associations de terrain jouent un rôle irremplaçable : elles permettent de briser l’isolement, de transmettre de l’espoir, de financer des projets de recherche innovants et de faire entendre la voix des patients auprès des décideurs.

Conclusion

L’Association Paddle contre Parkinson incarne une belle leçon d’engagement et de résilience. En transformant une passion personnelle (le stand-up paddle) en un projet collectif au service de la recherche et de la sensibilisation, Christophe Mathevet et son équipe ont créé un modèle inspirant d’action citoyenne.

Dans un contexte où les traitements médicamenteux, bien qu’efficaces, ne permettent pas encore de guérir la maladie, l’activité physique adaptée apparaît comme l’un des leviers les plus prometteurs pour améliorer la qualité de vie des patients. L’association Paddle contre Parkinson contribue activement à faire avancer cette cause, tout en collectant des fonds précieux pour la recherche fondamentale et clinique.

Que l’on soit atteint de la maladie de Parkinson, proche d’un patient, soignant ou simplement citoyen solidaire, soutenir des initiatives comme celle-ci, c’est participer concrètement à un avenir où la maladie sera mieux comprise, mieux prise en charge et, un jour peut-être, guérie.

Auteur:

  • Yvon Bilodeau

    Yvon Bilodeau est un rédacteur principal et écrivain médical professionnel à la Pharmacie Du Conservatoire. Avec une expertise approfondie dans le domaine de la santé et de la pharmacie, il contribue à la diffusion de connaissances médicales précises et accessibles.